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Accueil À la Lutte Le Youtubeur, Messaoud MJ, poursuivi en justice et son matériel confisqué par la police
Publié le : 11 Mai, 2020 - 22:40 Temps de Lecture 2 minute(s) 2597 Vue(s) Commentaire(s)

Le Youtubeur, Messaoud MJ, poursuivi en justice et son matériel confisqué par la police

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Messaoud Souidi, dit Messaoud MJ, 34 ans, est Youtubeur originaire de la wilaya de Tiaret. Il est l’un des rares dans son domaine qui produit des contenus instructifs, objectifs et adaptés à l’humour algérien notamment en s’attaquant aux tabous, loin de tout populisme, religiosité, sexisme, machisme etc … Messaoud a commencé le podcasting, il y a quatre ans. Sa page facebook compte, aujourd'hui, près de 160 000 abonnés, contre 143 000 pour sa chaîne youtube. Tout se passait bien pour lui, jusqu’au jour où tout bascule.

Lors d’un tournage à l’extérieur, aux premiers jours du confinement à Tiaret, en fin mars dernier, Messaoud subit un contrôle policier à la fin duquel, il a été conduit au commissariat et interrogé. «J’étais à l’extérieur en train de me filmer afin de parler du confinement et montrer l’adhésion de la population aux décisions prises dans ce sens. L’idée était de faire un podcast dans lequel j’appuierai la démarche et demander aux gens de se soumettre aux consignes de sécurité et appliquer, ainsi, les règles du confinement», confie-t-il pour l’Avant-Garde Algérie. Et de poursuivre : «des policiers sont venus me voir. J’ai expliqué que j’étais en train de me filmer. Je me suis même présenté en tant que Youtubeur, mais je pense que c’était une mauvaise idée de le faire. Il m’ont arrêté et conduit au commissariat où j’ai été interrogé sur mes activités de Podcaster, considérées par la police comme hors la loi !»

En effet, Messaoud a été interrogé sur procès-verbal pour ses activités de Youtubeur à la suite duquel, il a été poursuivi pour «travail sans autorisation». «On me considère comme un journaliste qui travaille sans autorisation, alors que je n’ai jamais pas prétendu l’être. De plus, la police m’a confisqué ma caméra et mon microphone. Depuis, je ne produit plus. J’ai attendu la programmation de mon procès, mais tout a été reporté pour cause du confinement», explique-t-il.

Dans une vidéo intitulée «qui peut être plus malchanceux que moi ?», Messaoud raconte ses déboires et ses problèmes : «j’ai arrêté la cigarette et j’ai pris du poids et attrapé le diabète. Je me suis marié avec l’amour de ma vie, mais je l’ai perdu (décédée) quatre mois plus tard. J’ai déposé des centaines de demandes de travail, en vain. Aucune des entreprises privées et publiques ne voulait m’embaucher. J’ai voulu me lancer dans le youtube. J’ai souffert pour m’acheter une caméra et après l’avoir enfin eu et fait quelques vidéos, elle m’a été confisquée. De plus, on m’a enrôlé une affaire en justice dans laquelle je suis accusé d’avoir pris la qualité de journaliste et d’avoir filmer sans autorisation !»

Désespéré, dans l’attente de son procès, Messaoud se demande pourquoi «on veut absolument tuer toute créativité en Algérie et vouloir à tout prix démoraliser une jeunesse déjà fragilisée par le cumule de déceptions et la situation politique traumatisante». «Je n’ai rien fait de mal. Je me suis juste exprimé. C’était ma passion, la seul d’ailleurs que j’avais et qui me permettait de respirer et de me voir utile dans cette vie. Non seulement, j’ai tout perdu et en plus, je risque une condamnation», s'indigne-t-il.

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