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Publié le : 05 Octobre, 2020 - 17:00 Temps de Lecture 2 minute(s) 921 Vue(s) Commentaire(s)

Mort violente de Chaima : Le feminicide de trop!

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La mort de Chaima, assassinée par un repris de justice, a soulevé une énorme colère et a provoqué plusieurs réactions dans le pays, pour dénoncer les violences faites aux femmes qui restent, à ce jour, impunies.

Le visage souriant et plein d’innocence de Chaima sur ses photos Facebook, signe aujourd’hui, la dure réalité à laquelle font face les femmes victimes de violences et qu’une partie de la société algérienne veut occulter à tout prix.

Le 4 octobre 2020, le corps frêle de Chaima, 19 ans, a été découvert carbonisé dans une station- service abandonnée à Ténia, dans la wilaya de Boumerdes. Elle a été enlevée, violée, étranglée, assassinée et brûlée, par un repris de justice. Pourtant, Chaima avait déposé plainte contre son bourreau, pour viol en 2016, alors qu’elle n’avait que 15 ans, mais «rien n’a été fait pour la protéger», affirment ses proches.

À l’horreur de ce crime ignoble, s’ajoutent les réactions de certains algériens qui sont allés, sans le moindre scrupule, jusqu’à justifier son assassinat, ce qui a provoqué la colère et l’effroi sur les réseaux sociaux, notamment des associations de défense des droits des femmes. «Chaima n'est pas morte, elle a été assassinée. Et ce n'est pas en revendiquant la peine de mort qu'on va lui rendre justice ou qu'on va pouvoir protéger les femmes victimes de violence», est-il écrit sur la page Feminicide Algérie qui précise toutefois que «la peine de mort ne fera pas disparaître les violences et ne fera pas disparaître les féminicides».

«C'est plutôt les lois qui doivent être changées et appliquées», précise-t-on. Et d’appeler à «observer des sit-in partout en Algérie, contre les lois féminicides». «Mobilisons-nous pour Chaima, pour toutes celles qui ont été assassinées et pour le droit à la vie de nous toutes. Exigeons la justice, exigeons l'égalité, exigeons la protection des enfants et des femmes victimes de violences. Éduquons les enfants dans l'égalité et loin des relations de pouvoir», ajoute Feminicide Algérie qui déplore que «des femmes sont assassinées en Algérie devant notre silence». «Nous sommes toutes et tous coupables par notre silence tant qu'il y a encore en Algérie des femmes assassinées», conclut-on.

Fetta Sadat, avocate et cadre du parti Rassemblement pour la culture et la Démocratie ( RCD), qui a également réagi à l’assassinat «monstrueux» de Chaima, a appelé à «abattre le mur du silence qui induit une lâche complicité». «Chaima, victime d'un crime monstrueux : violée et brûlée vive par son bourreau. Un Feminicide de trop. Abattons le mur du silence qui induit une lâche complicité», écrit -t- elle sur le mur de son compte Facebook. Et d’enchaîner: « La préservation du droit à la vie et à l’intégrité physique et morale de l’être humain est une priorité qui ne peut faire l’objet d’un quelconque compromis. Se taire, rester inactif devant l’horreur c'est le cautionner»*, conclut-elle.

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