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Accueil À la Lutte Oran : Une élève renvoyée de son école à cause de ses cheveux frisés ?
Publié le : 21 Novembre, 2020 - 12:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 709 Vue(s) Commentaire(s)

Oran : Une élève renvoyée de son école à cause de ses cheveux frisés ?

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**La semaine dernière, une jeune lycéenne est renvoyée par le directeur de son établissement scolaire. La raison est plus hallucinante qu’on pourrait le penser : L’adolescente est renvoyée parce que ses cheveux n’étaient pas «naturels» !

Nous sommes au lycée Lotfi d’Oran où une jeune lycéenne sera confrontée à une situation difficile à éprouver à son âge. Alors qu’elle s’apprêtait à entrer en classe, le directeur de l’école lui annonce qu’il l’a renvoie chez elle. En cause : «ses cheveux…frisés», rapporte Nadia Leila Aussaoui sur sa page Facebook.

Selon la militante, la jeune fille a «simplement été sommée de les lisser ou les attacher (chose impossible car trop courts)», si elle voulait être autorisée à revenir en cours. Ses parents, une fois alertés, demanderont audience pour essayer de comprendre le motif véritable du renvoi de leur fille, mais lors de l’entrevue, «le proviseur met en doute la nature des cheveux de la jeune fille et accuse la mère de les lui friser chez la coiffeuse», ajoute Nadia Leila Aissoaui. «Lorsque la mère récuse son propos, il demande alors une preuve photographique de la jeune fille bébé afin de vérifier si ses cheveux sont bien naturels!», rapporte-t-elle encore. Et de poursuivre : «la mère laisse donc éclater la sienne, de voir sa parole mise en doute et le directeur ne trouve rien d’autre à faire que de la renvoyer brutalement et lui intimant d’aller voir le ministre de l’éducation si cela lui chante».

Vague d’indignation sur les réseaux sociaux

Le témoignage de la militante Nadia Leila Aissoaui a été largement partagée sur les réseaux sociaux et a suscité de nombreuses réactions, notamment parmi les militantes qui défendent les droits des femmes qui ont lancé le hashtag #FiereDeMesCheveux. «Long, court je ne les défrise pas, mes cheveux sont frisés voire crépus. Il m’a fallu me battre contre la société, la rue a été violente par ses regards, ses insultes, l’école aussi», s’indigne l’auteure-réalisatrice Sofia Djama sur sa page Facebook.

«On perçoit les filles qui assument leur cheveux frisés comme libres. J’étais fière de dire: ben oui bien sûr que je suis libre, sauf qu’il y avait quelque chose de tordu dans leur interprétation de la liberté et le lien avec mes cheveux. Si j’étais libre parce que j’assumais la personne que j’étais avec les cheveux que j’avais, eux me sexualisaient car je gardais mes cheveux ‘’sauvages’’ disaient-ils, leur perception était pétrie de préjugés de fantasmes exotiques mais aussi de racisme», témoigne-t-elle. Et de poursuivre : «j’étais pourtant juste une gosse de 14 ou 15 ans, j’ai lutté longtemps contre les recommandations à me faire défriser, ces incessantes invitations qui pour certaines partaient d’une ‘’bonne intention’’ même si je trouvais ça absurde et d’autres n’étaient pas des recommandations mais une forme de pression voire de harcèlement, notamment dans le milieu professionnel.»

Enfin, tout en exprimant sa solidarité avec la jeune lycéenne, la réalisatrice a fermement dénoncé le comportement du «directeur de ce lycée qui brime et qui violente une élève pour sa nature de cheveux».

Fatma Boufenik, militante pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, lauréate du prix «Pont Del Mediterrani», de la fondation espagnole Mostra Viva Del Mediterrani, a également réagi à l’exclusion de la jeune lycéenne, en postant un message de soutien sur sa page Facebook avec le hashtag :#JeSuisSolidaireDeLapetiteKechrouda

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