IMG-LOGO
Accueil À la Lutte Parce qu’elle a dénoncé le harcèlement de rue : Mounia Belfeghoul dénigrée sur les réseaux soci...
Publié le : 20 Octobre, 2020 - 20:30 Temps de Lecture 3 minute(s) 1821 Vue(s) Commentaire(s)

Parce qu’elle a dénoncé le harcèlement de rue : Mounia Belfeghoul dénigrée sur les réseaux sociaux

IMG

Depuis plusieurs jours, la comédienne Mounia Belfeghoul est sous le feu des critiques sur les réseaux sociaux, pour avoir dénoncé le harcèlement de rue. La virulence des réactions étaient telles qu’elle a dû porter plainte.

Lassée par le comportement sexiste voire violent de certains hommes dans la rue, Mounia Belfeghoul, comédienne et chroniqueuse sur une chaîne de télévision privée, avait partagé, la semaine dernière, une série de stories sur son compte Instagram où elle a abordé le sujet, affirmant qu’«une grande partie des hommes sont des harceleurs». «Je le ai vu de mes propres yeux comment, avec leur regard, ils dénudaient cette jeune fille qui, pourtant était habillée normalement avec un jean et un joli top, loin d’être provocateurs», lance t-elle, sur un ton de colère, comme pour attester encore une nouvelle fois, que peu importe comment la femme est habillée, elle n’échappera jamais à la violence verbale et parfois physique des hommes. Pis, la femme en sera tenue pour responsable comme à chaque fois. Pour preuve : il n’y a pas si longtemps, beaucoup ont justifié l’assassinat de Chaïma Saadou par le fait que «c’était elle qui avait provoqué son agresseur».

Déferlement de haine sur les réseaux sociaux

Si l’objectif de la jeune femme était d’éveiller les consciences, de dénoncer une société qui considère la femme comme un objet, un bien à convoiter, que son rôle se limite à faire des enfants et à satisfaire une jeunesse sexuellement frustrée, sa vidéo a plutôt provoqué l’effet contraire. Un tombereau d’insultes et d’injures à son endroit a inondé les réseaux sociaux, comme cet internaute répondant au prénom de Mohamed qui a posté une vidéo où en guise d’argumentation, traitera non seulement Mounia mais aussi toutes les femmes, de «prostituée». Selon des sources proches de celle-ci, une plainte a déjà été déposée contre l’internaute en question.

D’autres, cependant, exprimeront leur soutien à Mounia Belfeghoul. L’on cite entre autres, le journaliste Abdellah Benadouda. «Je viens de voir les deux ou trois vidéos de Mounia Benfeghoul, après avoir vu le déferlement de haine contre elle. Elle n’a pourtant rien dit de nouveau. Elle a confirmé ce que l’on sait déjà : Que la plupart des mecs dans la rue sont des harceleurs, qu’il y a des petits violeurs dans leurs têtes, que c’est un problème d’éducation et qu’il faut apprendre à nos enfants à ne pas tout accepter, que les tabous dans la société algérienne sont à l’origine du silence autour des viols, de l’inceste et de la pédophilie», a-t-il écrit sur son compte Facebook.

Du côtés des artistes, c’est la chanteuse Amel Zen qui a pris la défense de la comédienne ainsi que toutes les femmes qui dénoncent le machisme et le sexisme des hommes dans un pays où ce n’est pas facile d’exprimer son opinion et surtout, de renverser l’ordre des limites imposées par le conservatisme sociétal.

«Mounia Benfeghoul a dit tout haut ce qu'on vit tout bas ! Hélas...Pour les moralisateurs de la forme et les amateurs de la désinformation qui s'indignent du style au lieu des faits et du fond... Cela prouve combien notre société est malade de l'image et l'apparence, elle stigmatise même le discours de colère au féminin ! Nous devons être en colère d'une manière précise! Qui rentre dans le moule...et selon les codes de cette dernière, Mounia a parlé a une catégorie précise et n'a nullement généralisé. Sinon, on parle de crime, on parle de violences contre les femmes, on parle de haine à combattre!» s’indigne Amel Zen sur son compte facebook officiel. Et d’ajouter : «ce qui est sure c'est qu'on ne peut combattre la haine par la haine. Tout mon soutien à toi Mounia en ces moments de rudes vérités que nous vivons La vérité fait mal et le premier pas vers la guérison serait d'admettre qu'on est malade.»

Laissez un commentaire