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Accueil À la Lutte Plusieurs appels à la prudence et à la sagesse lancés pour le report de la reprise du Hirak
Publié le : 18 Juin, 2020 - 17:55 Temps de Lecture 4 minute(s) 2432 Vue(s) Commentaire(s)

Plusieurs appels à la prudence et à la sagesse lancés pour le report de la reprise du Hirak

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Crédit photo : Zoheïr Aberkane

Des messages pour se démarquer des appels à un retour des marches populaires ce vendredi 19 juin, fleurissent sur les réseaux sociaux.

Depuis quelques jours, des figures du mouvement populaire se sont élevés contre la reprise «prématurée» des marches du vendredi, faisant état des risques de propagation de l’épidémie du coronavirus, à leur tête l’avocat et défenseur des droits humains, Me Abdelghani Badi, qui a appelé, ce mardi 16 juin, dans un post sur son compte Facebook, à faire preuve de «sagesse» et de «prudence». «Retarder le retour du mouvement jusqu'à ce que les conditions sanitaires soient réunies et les risques écartés, relève de la sagesse et du bons sens», écrit Me Abdelghani Badi. Et de poursuivre : «les rangs du mouvement doivent restés unifiés et solides sur une seule et unique décision. Le hirak n’a pas besoin de facteurs de divergence entre ses acteurs. Nous avons besoin plus que jamais de rester unis, de parler d’une même voix, sur un seul mot d’ordre, une seule décision, avec un seul cœur pour une patrie unique et unifiée».

Mustefa Bouchachi est du même avis. L’avocat qui s’est en effet, prononcé sur la question estime, qu’il «serait plus sage de reporter la reprises des marches». «Notre révolution bénie s’est toujours distinguée par la conscience populaire et l’unité. Pour cela, je pense qu’il serait plus sage de reporter la reprise du Hirak, jusqu’à ce que soient réunies les conditions sanitaires», explique Me Bouchachi sur sa page Facebook. Et d’ajouter :  «la précipitation dans la fixation de la date de la reprise risque de diviser nos rangs et nuire à l’unité du Hirak. La révolution du 22 février est un patrimoine commun à nous tous, il est de notre devoir de le préserver. Il faut écouter l’avis des spécialistes médecins avant de prendre une quelconque décision concernant la reprise des marches». Pour le militant des droits humains, «le hirak est une idée et les idées ne meurent jamais».

Le sociologue Nacer Djabi, abonde dans le même sens en écrivant ceci sur son compte Facebook : «le moindre appel à des rassemblements dans ces conditions sanitaires, ne garantit pas la préservation de la popularité, de la paix et du patriotisme du mouvement.»

Le militantisme « très lucratif » du mouvement Rachad

C’était tout à fait prévisible, les appels à la reprise de la traditionnelle marche du vendredi, ne font pas l’unanimité, notamment depuis que le mouvement «islamiste» Rachad, à travers ses relais à Londres et à Paris, en a carrément fait «son fond de commerce».

En effet, le journaliste Djamel Mafaa a torpillé à sa manière, l’appel de l’un de ses leaders et de son mouvement, au retour du Hirak sur le terrain et ce, au mépris même de l’intérêt des algériens et de leur santé. Le journaliste ira jusqu’à accuser ce dernier de se faire rémunérer son «pseudo-militantisme» en surfant sur le mouvement populaire.

En effet, comptant déjà près de deux millions d’abonnés sur sa page Facebook, ce cadre de ce mouvement des frères musulmans vient d’ajouter le mode paiement sur sa chaîne YouTube. «La campagne d’incitation de la rue algérienne est devenue une activité lucrative en euros et en dollars, grâce aux vidéos quotidiennes depuis les salons de Londres, de Paris et d’Istanbul»*, écrit Djamel Naafa sur son compte Facebook.

Les mouvements et partis démocratiques appellent à la prudence et attendre la fin de la pandémie pour la reprise du Hirak

C’est le cas du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) qui regroupe le FFS, le MDS, le RCD, l'UCP, le PT, le PST, la Laddh et plusieurs syndicats et organisations de la société civile, qui appelle à la reprise des marches et des actions de la révolution populaire quand les conditions sanitaires le permettent. «Le PAD appelle les Algériennes et les Algériens à demeurer mobilisés mais vigilants pour s’engager avec force dans la reprise effective des manifestations pacifiques dès que les conditions sanitaires de l’endiguement de l’épidémie de la COVID 19 le permettent», lit-on dans le communiqué du PAD, rendu public mardi dernier.

Idem pour l’association RAJ qui, dans un communiqué rendu public aujourd’hui, appelle à la sagesse «qui a toujours prévalu comme fût le cas le mois de mars passé, au déclenchement de la pandémie, où tout les acteurs étaient soucieux de la préservation de la santé publique en décidant de surseoir à toutes les manifestations populaires». «Aujourd'hui, dans un contexte marqué par le risque de la propagation de la pandémie qui est toujours présent, que des appels à la reprise des manifestations populaires sont lancés. Nous considérons que les conditions pour la reprise des grandes manifestations citoyennes ne sont pas réunies, et ce, par à la fois le risque permanent de la propagation de la pandémie et la divergence des points de vus de la société sur la reprise où non dans l'immédiat des manifestations», estime RAJ. Et d’ajouter : «ceci n'empêche pas d'approfondir la réflexion, le débat dans la société dans le respect de tout les avis, et d'œuvrer à une large mobilisation pour la reprise de la dynamique populaire une fois les conditions sanitaires sont réunies. Restons mobilisés, solidaires et vigilants pour faire face à toutes les manœuvres de la normalisation et de la division du Hirak.»

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