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Accueil À la Lutte Pour en finir avec le Hirak, la police fait le chantage à la garde à vue
Publié le : 17 Mai, 2021 - 14:25 Temps de Lecture 2 minute(s) 692 Vue(s) Commentaire(s)

Pour en finir avec le Hirak, la police fait le chantage à la garde à vue

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*Arrêté vendredi dernier, lors de la marche du Hirak, le Professeur Djamel Mimouni a été maintenu en garde à vue jusqu'à sa présentation hier, devant le procureur de la République. Selon le Comité national pour la libération des détenus, sa libération a été conditionnée par la signature d' “un engagement de ne plus participer aux marches du Hirak”. Un nouvel outil parajudiciaire qui échappe à tout cadre juridique et un moyen pour le pouvoir, d'en finir avec la contestation populaire (Hirak).

Vendredi 14 mai, plusieurs centaines d’algériens ont prit part au 117e acte du Hirak, dans plusieurs villes du pays. Ce jour-là, une répression sans précédant s'est abattue sur les manifestants à Alger, Oran, Tlemcen, Bejaïa, Tizi Ouzou, Mostaganem, Skikda, Mila, Oum El Bouaghi...Au moins 900 personnes ont été interpellés dans 28 wilayas. Constantine n'a pas dérogé à cette règle de “ tolérance zéro” appliquée par le pouvoir en place, depuis quelques semaines. Dans cette ville, une dizaine de personnes avaient été interpellée, parmi laquelle figurait le professeur Djamel Mimouni, du département de physique à l'université Mentouri de Constantine et président de l'association Sirius d'Astronomie. Jusque-là, rien d'étonnant, car c'est le lot quasi-quotidien des citoyens qui manifestent contre le régime algerien depuis le 22 fevrier 2019. Toutefois, un nouveau procédé d'"intimidation" affirment des juristes, a fait son apparition dans les commissariats. En effet, depuis vendredi dernier, il est demandé aux interpellés, de souscrire à l' “engagement de ne plus participer aux manifestations du Hirak, s'ils voulaient être libérés". C'est ce qui est arrivé au Professeur Mimouni qui, lui, a refusé de signer le document en question. Résultat: Il est maintenu en garde à vue, alors que le reste des interpellés a été relaché. Présenté hier (dimanche), devant le magistrat instructeur, le prévenu est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de participer aux manifestations. Il est poursuivi pour “incitation à attroupement non armé” et... “refus de se soumettre à des procédures administratives”.

"Une procédure parajudiciaire"

Pour certains juristes que nous avons interrogés, "s'il s'avère que le professeur Mimouni ait été vraiment soumis à cette procédure, nous serons face à une problématique doublement inquiétante, car il s'agit d’une décision parajudiciaire. Il n’est pas du ressort de la police nationale de se livrer à des arrangements et à confectionner des documents sensées régler un cas d’ordre public. La mission des services de police dans des cas similaires est strictement encadrée par la loi. Il s’agit avant tout de rédiger un rapport (indicatif) avec les faits reprochés à l’interpellé. Ça, c’est dans un premier temps. Ensuite, nous serons en phase de constater que la police nationale demande à des citoyens de renoncer à des libertés collectives et individuelles, à des droits fondamentaux et constitutionnels. Dans un pays qui se respecte une enquête séreuse et transparente est de mise".

“Le pouvoir maintient la confusion entre le droit constitutionnel des citoyens de manifester, et son devoir de maintenir l'ordre. Il est donc très difficile de ne pas voir dans cette procédure un outil qui échappe à tout cadre juridique et rend impossible le recours pour les personnes qui y sont soumises”, estiment par ailleurs, des defenseurs des droits humains.

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