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Accueil À la Lutte Pour un post Facebook sur le Covid19 : Un militant de Tebessa condamné à un an de prison
Publié le : 22 Mai, 2020 - 15:55 Temps de Lecture 3 minute(s) 1646 Vue(s) Commentaire(s)

Pour un post Facebook sur le Covid19 : Un militant de Tebessa condamné à un an de prison

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Kamel Azzizi, militant très actif de la révolution du 22 Février 2019, dans la wilaya de Tebessa a été condamné, le 3 mai dernier, à un an de prison, apprend -on auprès du CNLD (Comité national pour la libération des détenus. Selon ses compagnons du Hirak, Kamel Azzizi a été arrêté le 2 mai, pour un post Facebook où il mettait en cause le résultat « négatif » d’un test du coronavirus effectué sur un patient décédé.

Fait marquant : ce verdict a été prononcé dans le cadre du nouveau code pénal qui punit « la diffusion de fausses informations » par une peine allant de « 1 à 3 ans de prison et une amende entre 100 mille et 300 mille dinars ».

Le projet de son amendement visant entre autres à « la criminalisation de la diffusion de fausses informations portant atteinte à l’ordre public et à la sécurité de l’état »a été , pour rappel, adopté en séance restreinte, le 22 avril, par l’assemblée populaire nationale (APN).

Pour le gouvernement Tebboune, le projet « vise à adapter le code pénal aux mutations en cours dans le pays afin de prendre en charge les nouvelles formes de criminalité qu’elles génèrent et combler le vide juridique en matière de gestion des crises ». Mais preuve en est aujourd’hui, que c’est bien contre les Hirakistes que l’artillerie lourde a été déployée.

Plusieurs citoyens ont été arrêtés ou présentés devant la justice pour avoir, estime la justice, « propagé de fausses informations sur le coronavirus ».. Kamel Azzizi est actuellement en prison. Imen Meddour, quant à elle, fait l’objet d’une citation directe après la fin du confinement. Cette jeune femme, rappelons le, a fait un live Facebook au mois de mars, où elle affirmait que « des gens placés en quarantaine au complexe touristique Les Andalouses, avaient quitté les lieux grâce à leurs relations », avant de revenir quelques jours plus tard sur ses déclarations ! Elle a été présentée devant le procureur de la république près le tribunal de Ain El- Turk où elle est poursuivie pour « diffusion de fausses informations de nature à nuire à l’intérêt nationale ».

Vers un retour progressif du Hirak ?

L’attitude répressive du pouvoir établi, qui met à rude épreuve la liberté d’expression en pleine période de crise, n’est pas dans son intérêt, estime -t-on.

D’aucuns s’accordent à dire que cette escalade de violence contre les militants pacifiques conduira irrémédiablement à une révolte encore plus importante que celle du 22 février, tout en gardant le caractère pacifique dont le Hirak a fait preuve depuis le début, malgré la répression policière pendant les marches du mardi et du vendredi. Et il ne faudra pas attendre la fin du confinement pour s’en assurer.

Depuis quelques jours déjà, on assiste à un retour progressif mais prudent du Hirak dans plusieurs villes du pays, à Sétif, Bordj Bou Arreridj, Tizi Ouzou. Bravant les risques liés à la pandémie du Coronavirus, des centaines de personnes ont repris le chemin de la contestation, pour dire leur ras- le-bol de « la répression aveugle » contre les militants et les activistes, alors que nous sommes en plein confinement. Aujourd’hui encore, en marge d’un rassemblement organisé dans la ville de Bejaia, en hommage à Mohand Uharoune, l’un des premiers militants de la cause berbère, des activistes de l’association Tadukli Tamussni de la soummam ont revendiqué la libération des détenus d’opinion. D’autres actions similaires sont attendues dans l’avenir.

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