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Publié le : 17 Février, 2020 - 12:10 Temps de Lecture 3 minute(s) 2048 Vue(s) Commentaire(s)

Procès en appel de deux jeunes Hirakistes à Annaba : deux ans de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 Da requis contre Zakaria Boussaha et Ahmed Hafiane

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Répondant à une dizaine de chefs d’accusation, liés à ses activités au sein de la Révolution populaire pacifique du 22 février, devant le juge de la cour d’Annaba, Zakaria Boussaha, le sourire aux lèvres et avec un grand courage, déclare qu’«il ne souhaitait rien d’autre qu’une Algérie libre et démocratique, ainsi que l’indépendance de la justice».

Deux activistes du mouvement populaire d'Annaba, Zakaria Boussaha et Ahmed Hafiane, dit «Dinou» sont passés hier dimanche, 16 février, devant le juge de la cour de justice d’Annaba, où le procureur de la République, Amor Guellali, a requis pour chacun des deux accusés une peine de «deux ans de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 Da». Les deux jeunes hirakistes avaient été condamnés, le 15 décembre 2019, par le tribunal correctionnel d’El-Hadjar, à «six mois de prison avec sursis et une amende de 50 000 Da», suite à la procédure de comparution immédiate décidée par le procureur de la République. Ce dernier avait requis une peine de «deux ans de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 Da» pour chacun des deux activistes.

La première affaire est celle de Zakaria Boussaha, un plombier de 24 ans qui avait été arrêté suite à des publications sur Facebook, jugées par les gendarmes comme enfreignant les lois de la République. Sur la base desdites publications, le procureur de la République près le tribunal d’El-Hadjar avait retenu plusieurs chefs d’accusation à l’encontre de Zakaria. «Atteinte à la sûreté de l’État, atteinte à corps constitué, atteinte aux institutions de l’État, atteinte à l’intégrité territoriale de l’État, incitation à attroupement armé, trouble à l’ordre public, menace de meurtre à l’encontre de l’un des candidats de la présidentielle ou encore empiétement des autorités judiciaires», sont autant de charges pour lesquelles Zakaria Boussaha devra répondre, devant le juge de la cour d’Annaba.

Pour ce qui est de Dinou, un jeune de 26 ans, titulaire d’un Master en criminologie, les chefs d’accusations étaient plus ou moins similaires à celle de Zakaria. Dinou avait posté sur Facebook une vidéo où il expliquait la nécessité de boycotter la présidentielle du 12 décembre 2019. Cette vidéo qui a fait le buzz sur le célèbre réseau social n’était pas du goût du pouvoir en vue des nombreux chefs d’accusation qu’elle a générée : «appel au boycott des élections présidentielles, incitation à attroupement non-armé, incitation à des actes susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’État, insulte à l’encontre de fonctionnaires et atteinte aux symboles de l’État».

Le collectif de la défense, composé des avocats, Nadjette Bouguetta, Amira Djedaïdi, Redouane Ferrag et Fouzi Louetri, a battu en brèche les chefs d’accusation retenues par le procureur de la République ; démontrant, preuve à l’appui, le caractère saugrenu et risible de celles-ci. À la fin des deux procès, le juge a accordé, comme il est de coutume, la dernière parole aux deux accusés. Ahmed Hafiane a affirmé que «la Constitution algérienne consacre la liberté d’expression et qu’en vertu de celle-ci, il allait continuer à s’exprimer librement et à participer aux manifestations du Hirak béni». Mais c’est surtout les paroles de Zakaria Boussaha qui prirent de court le juge et le parquetier. «Je ne souhaite rien d’autre qu’une Algérie libre et démocratique et une justice indépendante», a affirmé le jeune Hirakiste avant de se retirer.

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