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Publié le : 29 Novembre, 2020 - 14:10 Temps de Lecture 2 minute(s) 2390 Vue(s) Commentaire(s)

Quatre ans de prison ferme requis contre Mourad Mecheri, de la wilaya de Boumerdes, pour ses opinions sur la religion : Quand une affaire Mebarki peut en cacher une autre

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Désigné comme athée, pour avoir appelé dans une publication sur son compte Facebook, pour un État laïc, Yacine Mebarki a vu son existence basculer, après avoir été condamné, le 8 octobre 2020, à 10 ans de prison ferme sous les chefs d’accusation d’«offense aux préceptes de l’islam, incitation à la discrimination, incitation d’un musulman à se convertir à une autre religion, distribution de documents qui visent à ébranler la foi d’un musulman et possession sans autorisation de matériel de guerre».

Mais bien que cette peine ait été réduite en appel, à «un an de prison ferme», le 25 novembre dernier, aux yeux de la loi, Yacine Mebarki est «coupable». Coupable d’avoir usé d’un droit constitutionnel que l’on croyait définitivement acquis : Le droit de dire sa pensée et son opinion. Un droit dont a usé un autre activiste du mouvement populaire et qui peut le conduire en prison pour cinq années.

Il s’agit de Mourad Mecheri, un jeune activiste du mouvement populaire originaire de Bordj Menaïel, dans la wilaya de Boumerdès, arrêté par les forces de l’ordre, le 9 novembre 2020, sur le lieu de son travail. Mourad Mecheri, célibataire, est ingénieur informatique dans une entreprise à Boumerdes. Placé sous mandat de dépôt à Tidjelabine, dans la même wilaya, il risque de perdre son boulot et de se retrouver en prison pour ses opinions. Le verdict sera rendu demain lundi 30 novembre.

Présenté devant le procureur de la République, son dossier est transmis au juge d’instruction qui le place sous mandat de dépôt pour «offense au prophète et les envoyés de Dieu ou dénigrement du dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen. Les poursuites pénales sont engagées d’office par le ministère public, (en vertu de 144-alinéa2 du code de procédures pénal)», indique son avocat Me Mourad Chikhi, joint par l’Avant-Garde Algérie. Lors de son procès, la semaine dernière, le représentant du ministère public a requis «quatre ans de prison ferme», précise Me Chikhi.

Il va sans dire que l’affaire Mebarki et Mecheri sont révélatrices à plus d’un titre : Force est de reconnaître ce qui avait été déjà constaté lors des polémiques suscités par les non-jeûneurs pendant le Ramadhan : la liberté d’expression et la liberté du culte, tous deux garantis par la constitution algérienne, sont ostentatoirement remis en question par un état de plus en plus policé et répressif, notamment depuis la révolution populaire où le pouvoir politique a opéré une véritable offensive pour s’armer de moyens juridiques qui lui permettent de restreindre de nombreuses libertés, notamment la liberté de porter une opinion.

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