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Publié le : 13 Avril, 2020 - 22:10 Temps de Lecture 4 minute(s) 1204 Vue(s) Commentaire(s)

Radio M condamne les propos du sinistre ministre de la communication

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Après avoir profité en toute inhumanité de la période de confinement pour emprisonner des dizaines d’activistes de la révolution populaire et prolonger le séjour de plusieurs autres dans les prisons de la honte, les tenants du pouvoir, qui ne connaissent visiblement aucune limite, multiplient leurs actes dictatoriaux et accentuent leur politique despotique !

Ces derniers ont bloqué l’accès en Algérie aux deux médias libres et indépendants, Maghreb Emergent et Radiom.info, mais pas que. Ils ont chargé leur sinistre ministre de la communication, Nadjib Belhimer, pour justifier l’injustifiable après que son homologue, Belaïd Mohand-Oussaïd, porte-parole du régime, ait responsabilisé le Hirak de la propagation du Covid-19 en Algérie ! «Le gouvernement algérien a reconnu ce dimanche 12 avril 2020, à travers son porte parole, le ministre de la communication, sa responsabilité dans la censure des deux sites d’information en ligne Maghreb Emergent et Radiom.info, en violation de l’article 50 de la constitution qui stipule que "la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne est garantie et ne doit être restreinte par aucune forme de censure préalable". Il n’a cependant rien trouvé de mieux, pour justifier un pur acte de répression de la liberté de la presse, que d’invoquer à posteriori une infraction à la loi sur le financement étranger des médias», lit-on dans le communiqué commun aux deux médias, rendu public cette après-midi.

En effet, le sinistre ministre du régime Tebboune-Chengriha a justifié le blocage de ces deux médias par le recours de ces derniers «au financement étranger» ! Sauf que, même si cela s’avérerait vrai, aucun texte de loi ne préconise d’agir de la sorte, ni d’ailleurs celui sur lequel ce sinistre ministre s’est appuyé pour justifier sa bourde ! Ce dernier, qui a l’habitude de passer dans cette même radio, le cas aussi de l’autre sinistre ministre de l’industrie, Ferhat Ait Ali, ancien chroniqueur de Radio M, quelques jours seulement avant qu’il ne soit intronisé à la tête de ce ministère, se soucie peu de l’avenir de la presse, de la détention arbitraire des journalistes ou de la liberté d’expression en Algérie. «L’affirmation du ministre selon laquelle Radio M ‘’a été lancée grâce à des fonds en provenance de l’étranger’’ est une grave atteinte à ses équipes, ses actionnaires et ses partenaires commerciaux. Elle est diffamatoire et déshonore son auteur. Radio M est une web Radio née modestement en 2013 avec les fonds propres de Interface Médias SPA et qui s’est lentement développée depuis sept ans grâce à l’engagement de ses travailleurs et de ses actionnaires. Chercher à jeter le doute sur le caractère national du capital intégralement algérien de l’éditeur de Radio M est un procédé injurieux pour les journalistes promoteurs des projets éditoriaux et à leurs partenaires financiers nationaux», s’indignent les responsables des deux médias qui appartiennent au même éditeur, Interface Médias SPA. Et à ces derniers d’ajouter : «Interface Médias, l’éditeur de Radio M et de Maghreb Emergent, est une société par actions, de droit algérien. Son actionnariat diversifié est composé des journalistes fondateurs, de collaborateurs et de sociétés algériennes leaders de leurs secteurs économiques (Emballage, Pharmacie, BTP, Edition, Boisson, Conseil financier). Aucun actionnaire ne détient plus de 19 % du capital action. Les investisseurs privés ont fait confiance à un projet professionnel sérieux soutenu par la rédaction aînée de Maghreb Emergent, née 3 ans plus tôt. De même qu’en 2014, pour les mêmes raisons d’éthique éditoriale et de rigueur professionnelle, l’éditeur américain du Hufffington Post a cédé en franchise à Interface Médias l’exploitation de sa marque dans le cadre du Huffpost Maghreb avant que l’expérience ne s’arrête en décembre 2019 dans les trois pays.»

Interface Médias pense que c’est «la méconnaissance ahurissante du modèle économique innovant de la presse digitale qui a amené le ministre de la communication à bafouiller son attaque indigne contre un média déjà ciblé par la censure de son site d’information en ligne quatre jours auparavant». «Le ministre de la communication a fait remanier une première dépêche de l’APS pour en ôter une charge, finalement dérisoire, portée sur le recours au crowdfunding (financement participatif) auprès de notre public (dans la diaspora et en Algérie) pour rassembler la dotation du prix Ali Bey Boudoukha du meilleur article d’investigation organisé par Maghreb Emergent (2014, 2017, 2019)», précise Interface Médias.

Interface Médias explique le modèle de gestion de ses deux médias et rappelle les objectifs de ces derniers, notamment Radio M : «Radio M est une petite structure qui génère des revenus publicitaires grâce aux sponsor de ses différentes émissions (Assurances, Industries, Pharmacie etc.…), à l’utilisation de ses petits moyens audiovisuels pour la production commerciale de vidéos et de spots audio. La Chaine YouTube génère également depuis 2018 des revenus publicitaires sur la plateforme américaine. Radio M est un prototype encore inabouti de ce que devrait être la nouvelle industrie médiatique digitale génératrice d’emplois à valeur ajoutée, capables d’exporter des services (YouTube) et proposant une nouvelle offre médiatique aux Algériens et à la Diaspora, conforme à la volonté de changement et de transparence exprimée par le peuple algérien depuis le 22 février 2019. La tentative de lui nuire et de la réduire au silence est un combat d’arrière garde contre la liberté réclamée par les Algériens.»

Interface Médias n’écarte pas la possibilité de poursuivre en justice le ministre de la communication afin de défendre ses droits. «Le double préjudice porté à notre média ; engagé quotidiennement depuis le début du confinement dans l’élan de solidarité nationale contre l’épidémie du Covid 19 ; nous contraint à nous défendre, y compris, si nécessaire, à exercer notre droit d'ester en justice le ministre de la communication», assure l’éditeur.

Et d'assurer' : «nous le ferons dans l’éthique et l’honneur que nous reconnaissent nos centaines de milliers d’auditeurs, de lecteurs, et de fans et de tous ceux qui, condamnant la censure de nos deux médias, les ont rejoint pour nous apporter depuis jeudi leur immense solidarité.»

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