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Publié le : 10 Avril, 2020 - 19:55 Temps de Lecture 3 minute(s) 1396 Vue(s) Commentaire(s)

Radio M et Maghreb Émergent censurés par les autorités

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«Nos deux sites d’information en ligne maghrebergent.info et radiom.info ont été bloqués pour le public en Algérie par les autorités de notre pays ce jeudi 8 avril à 17 h», déclare l’éditeur de ces deux médias d’information qui diffusent sur internet, dans un communiqué rendu public aujourd’hui.

Désormais, la guerre est déclarée contre la presse indépendante, après celle déclenchée depuis le début du confinement contre les militants et les activistes de la révolution populaire. Profitant de la trêve décidée par le peuple afin de se protéger du Covid-19, les tenants du pouvoir, dépourvus de toute dignité humaine, décident de s’attaquer à ce qui reste de la presse libre, notamment électronique. «Les vérifications d’usage avec l’hébergeur et les tests locaux sont convergents. Il s’agit d’une censure politique comme celle qu’ont subit nos confrères de TSA en 2017, en 2019 et en 2020», assure l’éditeur. Et de s’indigner : «leur blocage aujourd’hui correspond à la pire séquence de répression de la liberté de la presse qu’aura connue l’Algérie depuis les assassinats de journalistes dans les années 90. Elle combine arrestation de journalistes indépendants (Khaled Drareni directeur de Casbah Tribune, présentateur du CPP de Radio M, et reporter dans le Hirak ), condamnation à des peines de prison ferme de professionnels (Sofiane Merakchi), garde à vue (Said Boudour), mise sous contrôle judiciaire d’autres (Mustapha Bendjama, rédaction de Assawt Al Akhar) et aggravation de la cyber-censure contre les journaux électroniques sur l’espace internet national.»

Après le refus essayé, hier, par ces deux médias de la part du Wali d’Alger, qui a refusé d’autoriser leurs journalistes à circuler et couvrir l’actualité pendant cette période de confinement, la situation de maghrebergent.info et radiom.info se complique davantage. La presse électronique, qui demeure la seule encore que le pouvoir n’arrive pas complètement à maîtriser, est désormais dans l’œil du cyclone. Ce que Bouteflika n’a pas pu réaliser durant ces années de règne, même s’il a osé fermé Le Matin et emprisonné Benchicou, est désormais possible avec le duo Chengriha-Tebboune. Visiblement, la détention des journalistes ne leur a pas suffit ! L’éditeur de Maghreb Émergent et de Radio M affirme avoir décider, malgré les entraves, de continuer le combat et la mission d’informer. «La tentative de nous réduire au silence est vaine. Nous continuerons à pratiquer notre métier : informer en toute indépendance. Nous continuerons à le faire en particulier dans ce contexte de lutte contre la pandémie du Covid 19 ou nous avons déployé des efforts supplémentaires pour rendre plus lisible et plus intelligible l’évolution de la crise sanitaire. Radio M est déjà au cœur d’un réseau de solidarité citoyenne et participe à sa coordination par l’ouverture de son antenne aux auditeurs et acteurs civiques de notre pays. La censure n’aura pas raison de notre engagement professionnel et citoyen par ce temps de doute», lit-on dans le même communiqué.

Le ministre de la communication s’est publiquement félicité, il y a quelques semaines du sens de la raison d’un éditorialiste reconnu de Radiom.info appelant à la suspension du Hirak pour cause d’urgence sanitaire. «Ce sens de la raison est exactement le même qui appelle aujourd’hui à suspendre l’offensive répressive contre le journalisme indépendant, la presse et les médias électroniques en particulier», insiste-t-il. Maghreb Emergent et Radio M, co-fondateurs d’un syndicat de la presse électronique en 2017 (SAEPE), assurent que «la décision aventureuse de les bloquer ne peut rien enfanter de bon pour personne». «Nous serons là demain et après demain pour en témoigner», assurent-ils.

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