IMG-LOGO
Accueil À la Lutte Répression des militants et journalistes en Algérie : Des experts de l’ONU tirent la sonnette d...
Publié le : 16 Septembre, 2020 - 21:05 Temps de Lecture 3 minute(s) 344 Vue(s) Commentaire(s)

Répression des militants et journalistes en Algérie : Des experts de l’ONU tirent la sonnette d’alarme

IMG

La condamnation en appel, ce mardi 15 septembre 2020, de Khaled Drareni, à «deux ans de prison ferme», la représsion des opposants, l’acharnement judiciaire contre les militants…continuent de susciter l’indignation des organisations internationales notamment. Après Reporters Sans Frontières (RSF), Amnesty International, c’est aux experts des droits de l’Homme de l’ONU de condamner la peine infligée au journaliste, et de tirer la sonnette d’alarme quant à «l'ampleur de la répression des journalistes et militants en Algérie».

«Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette peine de deux ans de prison infligée à un journaliste qui ne faisait que son travail, et nous appelons les autorités algériennes à l'annuler et à libérer M. Drareni», indiquent les rapporteurs de l’ONU, Clément Nyaletsossi Voule, Irene Khan, Mary Lawlor, Leigh Toomey, Elina Steinerte, José Guevara Bermúdez, Seong-Phil Hong, Sètondji Adjovi, dans un communiqué publié, ce mercredi 16 septembre.

Aussi, estiment-ils que la réduction de la peine à «deux ans de prison ferme est encore grossièrement inappropriée car les accusations portées contre lui constituent une violation flagrante de la liberté d'expression, de la réunion pacifique et d’association».

Les experts des droits de l'Homme ont également alerté sur «les mesures juridiques et judiciaires visant à restreindre la liberté de la presse en Algérie, et ont appelé à la libération de tous les militants politiques et défenseurs des droits de l'Homme».

«Nous sommes très alarmés par l'ampleur de la répression de la dissidence en Algérie», déclarent-ils. Et de poursuivre : «les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains et les journalistes sont de plus en plus surveillés et harcelés dans l'exercice de leur travail légitime.» «En vertu du droit international, toute personne qui surveille une assemblée doit être protégée par l'État, qu'il s'agisse d'un journaliste, membre d'une institution nationale des droits de l'Homme ou d'un simple citoyen», dénoncent les experts. «Il est inacceptable d'arrêter quiconque - surtout un journaliste - pour la simple diffusion d'une vidéo qui montre les forces de sécurité en train d'utiliser la violence contre les manifestants», soutiennent-ils encore.

Dans le même sillage, les experts des droits de l’homme ont soulevé dans leur constat que « les autorités algériennes utilisent de plus en plus les lois sur la sécurité nationale pour poursuivre les personnes qui exercent leurs droits aux libertés d'opinion et d'expression, et de réunion pacifique et d'association », et exprimé par la même, leur inquiétude quant au projet de loi (n°20-06 d'avril 2020) « actuellement devant le Parlement, qui criminaliserait la diffusion de fausses nouvelles et le financement de toute association susceptible de porter atteinte à l'État ou aux intérêts fondamentaux de l'Algérie. » « Si elle est adoptée, cette loi ouvrirait la voie à davantage d'arrestations et de détentions de dissidents, tels que les manifestants et les partisans du mouvement Hirak», avertissent-ils.

Enfin, les experts des droits de l’homme de l’ONU lancent un appel aux autorités algeriennes «de mettre fin à l'arrestation et à la détention d'activistes politiques, d'avocats, de journalistes et de défenseurs des droits de l'Homme, ainsi que de toute personne qui exprime sa dissidence ou sa critique du gouvernement ». « Drareni, et tous les autres qui sont actuellement en prison, ou qui attendent d'être jugés simplement pour avoir fait leur travail et défendu les droits de l'Homme, doivent être immédiatement libérés et protégés », concluent-ils.

Laissez un commentaire