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Accueil À la Lutte Said Sadi: “Le père de Djamel nous a évité une guerre civile”
Publié le : 18 Août, 2021 - 14:54 Temps de Lecture 3 minute(s) 1194 Vue(s) Commentaire(s)

Said Sadi: “Le père de Djamel nous a évité une guerre civile”

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Alors que l'Algérie est toujours sous le choc des incendies qui ont ravagé des milliers d'hectares et endeuillé des dizaines de familles mais aussi de l'assassinat barbare du jeune Djamel Bensmail, “dans ce tunnel, deux éléments viennent apporter une lueur d'espoir, le premier c'est l'élan de solidarité extraordinaire qui s'est manifesté envers les victimes immédiatement, au pays mais aussi dans la diaspora, le deuxième et c'est peut être symboliquement le plus fort , c'est la réaction du père de la victime qui a été immolé, assassiné à Larbaa nait Irathen”, a déclar Said Sadi, dans une tribune au ton grave, prononcée hier (mardi), dans une vidéo posté sur sa page Facebook.

“Ce père dont la grandeur d’âme, la générosité de cœur a probablement sauvé le pays d'une guerre civile mérite notre reconnaissance”, a-t-il affirmé.

L'ancien président du RCD (Rassemblement pour la culture et la Démocratie) ne manquera pas de pointer du doigt la responsabilité de l'État dans ce “malheur”, et d'avoir contribué à l'à l’émergence de courants ouvertement racistes, notamment après les événements qui ont secoué la commune de Larbaa Nait Irathen, la semaine dernière et qui continuent de défryer la chronique nationale.

“ Certains propos prononcés publiquement contre les kabyles, par une député, un sénateur, un ancien ministre ou encore des notables qui ont tenu cénacle pour faire une proposition d'un ethnocide, un programme qui libérerait l'Algérie des Kabyles”.

Ces propos restés sans sanction jusqu'à aujourd'hui, ont aggravé des passions sur lesquelles certains ont embrayé pour faire passer des avis ou des idées qui jusque là n'avaient aucune chance d’être entendus”, déplore -t-il.

Par ailleurs, Said Sadi appelle à “la plus grande prudence” vis à vis du traitement politique et médiatique de l'affaire de Larbaa Nait Irathen, soulignant certaines incohérences, entre autres, le fait que la conférence de presse concernant l'affaire soit animée par la DGSN, “alors que l'on constate tous la discrétion de l'institution judiciaire, notamment du procureur de la République”, note -t-il.

“La police est là pour enquêter , investiguer, fournir lés éléments de ses recherches à la justice qui doit instruire un dossier”, affirme -t-il. Et de poursuivre: “nous sommes dans une situation rigoureusement inverse à ce qui prévaut dans un état de droit”.

L'affaire Larbaa Nait Irathen vise la Kabylie

“Il semble évident que pour diverses raisons, le régime actuel ne soit pas en mesure, ou n'ait pas la volonté de tirer les conséquences d'un échec global qui prévaut depuis 1962”, a-t-il soutenu. Et de poursuivre: "L'équipe actuelle veut restaurer le système, on l'a vu à la façon avec laquelle elle a traité le mouvement de février, à travers la répression, l'usure et l'infiltration. On le voit aussi dans la façon avec lequel elle reste dans le déni en ce qui concerne ces incendies”.

Allant plus loin dans sa diatribe, Sadi dira que le système algerien n'admettra jamais que l'organisation de la cité soit décalé autour de la citoyenneté, d'où les évenements de Larbaa Nait Irathen.

“L'affaire de Larbaa Nait Irathen vise deux choses, la première c'est faire diversion sur l'incurie et l'incapacité des pouvoirs publics; la deuxième c'est de désigner la Kabylie, car malgré la stigmatisation, malgré les opérations montées contre elle depuis 1962, le combat démocratique, les luttes citoyennes menées en Kabylie ont fini par trouver écho en dehors de cette région.”, explique-t-il.

Encadrer la solidarité et non la stigmatiser

Énumérant les nombreuses failles de l'État algérien dans la gestion de affaires du pays depuis 1962 à ce jour, Said Sadi, a appelé les décideurs à “sortir de la sous- culture politique...(...)... et à ne pas hypothéquer le destin d'un pays avec sur- armement qui n'a pas lieu d'être”, citant comme exemple le budget du ministère de la défense notamment.

Mais pour lui “il y a possibilité de réparer les dégâts, et de permettre à l'Algérie indépendante de naitre, car politiquement, , démocratiquement, culturellement, socialement, elle ne l'est pas encore”. Aussi, plaide t-il pour “la lucidité, le courage, l'intelligence, l'écoute les uns envers les autres” et ce, en s'appuyant, poursuit-il, sur deux axes importants, le premier, c'est “l'élan de générosité de nos concitoyens qu'il faut mieux encadrer, le valoriser au lieu de le stigmatiser comme l'a fait l'ambassadeur d'Algérie à Paris en ayant des propos absolument irresponsables”.

Le second axe, selon Sadi, c'est de “rassembler les gens dans un cadre qui promeut la citoyenneté, qui assure très concrètement la mobilisation autour de taches concrètes”.

Enfin, saluant le rôle déterminant de la diaspora algérienne dans les moments critiques du pays, Sadi a appelé cette dernière à “essayer d'élargir son regard, sa réflexion pour donner plus de sens, de valeur et d'amplitude à cet élan de mobilisation et de générosité”.

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