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Publié le : 05 Juin, 2020 - 20:25 Temps de Lecture 3 minute(s) 3475 Vue(s) Commentaire(s)

Soumission, fermeture des chaînes, crise financière : que restera-t-il du paysage médiatique sous un pouvoir despotique ?

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Déjà en 2014, des journaux et des chaînes de télévisons ont disparu du champ médiatique, sous la pression des sociétés d’impression pour les uns, et les sociétés Satellites pour d’autres. Des centaines de journalistes ont été forcés au chômage technique.

Une des chaînes du paysage télévisuel algérien vient de cesser d’émettre. Il s’agit de Dzaïr TV, chaîne du groupe Médias Temps nouveaux appartenant à l’oligarque venu des BTP, Ali Haddad, actuellement en prison. L’entreprise a vu son son signal de diffusion coupé par la société du satellite, pour «non paiement des prestations depuis plus de deux mois». Les employés de la chaîne ont appris la nouvelle à travers une circulaire interne datée du 3 Juin. Dans la foulée de cette annonce, ils ont été priés «de rester chez eux, jusqu’à nouvel ordre». «Vu la coupure du signal de diffusion, nous informons l’ensemble du personnel que l’entreprise ferme ses portes jusqu’à nouvel ordre. À cet effet, nous demandons à l’ensemble du personnel de rester chez eux», indique la circulaire. Et de préciser qu’«en cas de reprise, l’administration se chargera d’informer le personnel qui était en activité».

En juin 2019, c’est la chaîne d’information Dzaïr News qui a cessé d’émettre. Toutefois, dans le souci «de sauvegarder les emplois des travailleurs», cette dernière a été fusionnée avec Dzaïr TV laquelle risque, aujourd’hui, à son tour de disparaître.
Au mois d’Avril 2019, les deux quotidiens Le Temps d’Algérie et sa version en arabe Waqt El Djazaïr appartenant au même groupe ne paraissent désormais plus que dans la capitale.Pour cause : «une crise financière exacerbée par l’incarcération de leur patron, dans la foulée de la dite opération ‘’mains propres’’, après la chute du clan Bouteflika ».

Numidia TV, autre média de droits privés est également confrontée à des difficultés financières, indique l’entreprise dans un communiqué publié le 2 juin, sur sa page Facebook. Cette dernière qui réagissait aux rumeurs de fermeture à la suite de l’interruption «temporaire» de diffusion, dû selon elle à un «problème technique», a néanmoins, «admis l’existence d’une crise financière qui la pousse aujourd’hui à réduire les coûts de fonctionnement et d’équipement pour permettre à l’entreprise de poursuivre» . Pour rappel, son nouveau patron, Mahieddine Tahkout, est lui-aussi en prison dans la meme opération, dite ‘’mains propres’’»*.

La liberté de la presse réduite au silence

Les atteintes à la liberté d’expression ont prit des proportions alarmantes, notamment depuis l’accession de Tebboune au pouvoir. Les médias d’opposition et les journalistes indépendants sont les premiers à en pâtir. Harcèlement, arrestations, actes de censure… le pouvoir se fait de plus en plus pressant pour réduire les voix critiques au silence. Mais cette situation ne date pas d’hier. Déjà en 2014, des journaux et des chaînes de télévisons ont disparu du champ médiatique, sous la pression des sociétés d’impression pour les uns, et les sociétés Satellites pour d’autres. Des centaines de journalistes ont été forcés au chômage technique.

Aujourd’hui, l’histoire se répète, avec le quotidien national d’information L’Expression, connu pourtant pour être un media pro-pouvoir. Ses journalistes viennent, en effet, d’être informés dans une note interne émanant de la direction, que «les salaires du mois de mai ne seront pas versés», en raison «situation financière du journal fortement impactée par la crise sanitaire se traduisant par des recettes suffisants à peine pour payer la facture de l’imprimerie», indique la note. Mis devant le fait accompli, les journalistes ont, par ailleurs, été «insidieusement» menacés de licenciement dans le cas où ils refuseraient cette décision. «Les employés sont libres d’accepter ou de refuser la proposition de suspension des salaires du mois de mai 2020, De fait, ceux qui n’adhèrent pas à cette démarche recevront leurs salaires et leur solde de tout compte et ne feront plus partie de l’entreprise». Ajoutant à cette situation, celle de tous les quotidiens privés y compris des titres comme El Watan qui vivent une crise financière depuis plus de six années à cause de leur position contre le 4ème mandat de Bouteflika. Devant un tel constat alarmant, que restera-il de la presse dite privée ou publique, contre ou pro-pouvoir ? Comment deviendra-t-il le paysage médiatique en Algérie ? Des jours sombres attendent le monde médiatique devant la volonté du pouvoir à tout mettre sous ses pieds, lui dont le seul projet est tout casser pour en faire une presse aux ordres.

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