IMG-LOGO
Accueil À la Lutte Tebboune face aux médias : entre le discours et la réalité du terrain, un gouffre
Publié le : 23 Juillet, 2020 - 12:30 Temps de Lecture 3 minute(s) 1514 Vue(s) Commentaire(s)

Tebboune face aux médias : entre le discours et la réalité du terrain, un gouffre

IMG

Avec un discours qui n’a aucune expérience politique, ni économique, ni diplomatique, Abdelmadjid Tebboune a manqué encore une fois de rassurer ceux qui déjà le contestaient ou doutaient de sa légitimité. Aussi, il a prouvé à ceux qui l’ont choisi, qu’il n’était pas forcément le président qu’ils espéraient.

On le sait, les politiques adoptent très souvent, un discours populiste pour gagner la sympathie de l’opinion publique, notamment en période électorale. Mais là où le bât blesse, c’est lorsque ces derniers balancent «effrontément» des contre-vérités, voire des mensonges visant à cacher «leur niveau de faiblesse» face aux crises, économique et sanitaire notamment, mais surtout politique. À ce sujet, c’est exactement ce que fait Abdelamadjid Tebboune depuis son accession à la magistrature suprême. On a eu à le constater à plusieurs reprises, notamment lors de sa rencontre-aussi rituelle qu’inutile- avec les représentants des médias.

En effet, avec un discours qui n’a aucune expérience politique, ni économique, ni diplomatique, Abdelmadjid Tebboune a manqué encore une fois de rassurer ceux qui déjà le contestaient ou doutaient de sa légitimité. Aussi, il a prouvé à ceux qui l’ont choisi, qu’il n’était pas forcément le président qu’ils espéraient.

Tebboune charge le Hirak

Celui qui se dit «pacificateur» à chacune de ses apparitions, celui qui ne cesse de prôner une «Algérie Nouvelle» dont «l’objectif est le salut de la patrie, qui est un devoir national et un droit pour tous les Algériens» ajoutant que «tout un chacun est le bienvenu pour contribuer à sortir de la situation que vit le pays et mettre fin à la mentalité de l'exclusion», a mené, comme à l’accoutumée, une violente charge contre les élites- le hirak s’entend- accusant certains de ses acteurs de vouloir «semer la zizanie et d’affaiblir le pays». «Les choses progressaient bien, en dépit de certaines personnes, qui en raison de leur manque de foi et de nationalisme, tentent de semer la zizanie et d’affaiblir le pays», a-t-il soutenu. Et comme cela ne suffisait pas, il joindra le geste à la parole, en commanditant à son ministère de l’intérieur de serrer la vis à l’activité politique. Première victime : le RCD lequel a été destinataire, le 24 juin 2020, d’une mise en demeure le sommant de «de renoncer à son activité politique sous peine d’engager une procédure de dissolution à son encontre». Le parti avait été accusé d’avoir hébergé dans ses locaux, «une organisation illégale», le PAD en l’occurrence, «tendant à porter atteinte à l'unité nationale, de faire des déclarations tendancieuses lors d'une réunion publique autorisée au Parti et exploitation du siège du parti pour la tenue de réunions par une organisation non agréée».

Constitution «consensuelle» : un mensonge

«Le changement structurel du nouvel État passe par une nouvelle Constitution qui tire les enseignements de toutes les précédentes pour être consensuelle et pérenne», a affirmé Abdelamadjid Tebboune lors de sa rencontre avec les deux représentants des médias. C’est bien beau tout ça, mais voilà, c’est un mensonge. Car même si certaines formations politiques, comme le parti des travailleurs (PT), ont refusé de participer aux consultations portant sur l’avant- projet de loi de réforme constitutionnelle, d’autres en ont carrément été exclus, contrairement aux déclarations du président de la république. L’on citera, entre autres, le RCD, le PST, l’UCP ( Union pour le changement et le progrès), le PLD ( Parti pour la laïcité et la démocratie), le MDS (Mouvement démocratique et social), nous a affirmé un membre du PAD (Pacte pour l’alternative démocratique).

Erreur très dommageable à ce niveau-là de responsabilité, diront certains…si on était dans un état démocratique. Oui, mais voilà, nous sommes encore très loin de cette démocratie pour laquelle le peuple a payé un lourd tribut et continue à le faire, aujourd’hui encore. Arrestations, condamnations, censure, répression, convocations, harcèlement, atteinte au pluralisme… l’énumération parle pour elle-même et vaut pour constat.

Laissez un commentaire