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Publié le : 01 Juillet, 2020 - 16:50 Temps de Lecture 3 minute(s) 2463 Vue(s) Commentaire(s)

Trois ans de prison ferme et 200 000 DA requis contre Merzoug Touati, Yanis Adjlia et Amar Berri

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C’est dans climat électrique que s’est ouvert le procès des trois activistes, alimenté par «les attaques du président du parquet contre les prévenus», ce qui a conduit à «la suspension de l’audience».

Le procès du journaliste de l’Avant-Garde Algérie, Merzoug Touati et des deux militants, Yanis Adjlia et Amar Beri, s’est ouvert, ce mercredi 1 juillet 2020, au tribunal correctionnel de Béjaïa, sous haute tension. Le parquet a requis contre eux une peine de «trois années de prison ferme, assortie d’une amende de 200 000 Da».

Le bâtiment était en état de siège dès les premières heures de la matinée. Plusieurs militants parmi la foule venue en soutien aux prévenus ont été arrêtés, l’on citera Khaled Tazaghart, député démissionnaire de l’APN et Hassan Yahiaoui. Le jeune indépendantiste, Arezki Hidja a également été interpellé par la police au niveau du Barrage de Bir Selam, à l’entrée de la ville, alors qu’il se rendait au lieu de rassemblement.

Plutôt, d’autres personnes ont été interpellées, parmi lesquels le militant du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), Farès Labdouci, l’ancien policier Zahir Moulaoui, Nourredine Djoulane, Lounis Ait Baaziz, Mehdi Meziani et Boubekeur Boucheta. Ces derniers s’étaient rassemblés à la place Saïd Mekbel pour exiger la libération des trois prévenus qui, pour rappel, sont poursuivis pour «incitation à attroupement, publication et distribution de publications pouvant porter atteinte à l'unité nationale, mettre la vie d'autrui (des autres personnes) en danger durant la période du confinement».

Pour rappel, le journaliste de l’Avant-Garde Algérie, Merzoug Touati ainsi que les deux militants, Yanis Adjlia et Amar Beri, sont accusés d’«incitation à attroupement armé, d’outrage à corps constitué, de distribution de tracts portant atteinte à l’unité nationale et d’avoir exposé au danger la santé d’autrui durant le confinement».

Tension entre le président du parquet et le collectif de défense

En effet, c’est dans climat électrique que s’est ouvert le procès des trois activistes, alimenté par «les attaques du procureur de la république contre les prévenus», ce qui a conduit à «la suspension de l’audience». «Les avocats ont été contraints d’arrêter la plaidoirie du président du parquet qui interrogeait Merzoug Touati comme le feraient les policiers», indiquent des avoacts du collectif de défense qui, faut-il souligner, était composé d’une cinquantaine d’avocats, au moins. «La plaidoirie du procureur tournait essentiellement autour du média électronique L’avant-Garde Algérie», a révélé notre interlocuteur. Et d’ajouter : «le fait qu’il ne soit pas agréé, qu’il n’est pas domicilié en Algérie, et que son directeur est installé en France, faisait de lui, selon le procureur, une main étrangère», révèlent-ils, joint par l’Avant-Garde Algérie. Des accusations auxquelles Merzoug Touati avait répliqué par ceci : «mon directeur est un journaliste d'El Watan que le pouvoir a forcé à l’exil.»

Par ailleurs, selon nos informations, même le nom de la veuve de Lounes Matoub, Nadia Matoub, a été cité dans l’enquête de la police de Béjaïa. En effet, il a été reproché à Merzoug Taouti et Yanis Adjlia leur relation avec Nadia Matoub. Cette grande dame a été qualifié par les policiers de «femme douteuse». Sur ce sujet, Merzoug Touati a rétorqué, encore une fois, en disant au procureur qu’«il a le droit d’avoir les relations amicales qu’il souhaite».

Il faut préciser que ce qui s’est passé aujourd’hui est une première pour les détenus d’opinion, depuis le début du confinement. La justice a accepté pour la première fois de faire venir les détenus à la salle d’audience, alors qu’elle a refusé ceci à tous les autres détenus à cause des conditions sanitaires liées au Covid-19. Les plaidoiries des avocats sont toujours en cours.

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