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Accueil À la Lutte Vacance du pouvoir : Acte II ?
Publié le : 09 Novembre, 2020 - 17:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 1004 Vue(s) Commentaire(s)

Vacance du pouvoir : Acte II ?

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Depuis quelques semaines, le pouvoir en place semble réemprunter la voie qui a mené le pays vers le chaos en 2013, en «mentant» au peuple algérien sur l’État de santé du chef de l’État.

La dernière apparition de Abdelmadjid Tebboune remonte au 15 octobre 2020. Le 24 du même mois, la présidence de la République annonce dans un communiqué que Tebboune s’est mis en «confinement volontaire pour 5 jours avec reprise imminente de l’activité». Trois jours plus tard, il est «admis à l’hôpital de Aïn Naâdja», avant d’être, le 28 octobre, «évacué en Allemagne !»*

Le 3 novembre un autre communiqué aussi inutile que les précédents, nous apprend que le chef de l’État est «admis dans un des plus grands hôpitaux du monde pour poursuivre des soins spécialisés», tout cela sans qu’il ne soit fait mention de la nature de sa maladie. Il aura fallu que le prince héritier Mohamed Ben Salmane l’évoque dans un tweet, pour que la présidence nous pond, le 8 novembre, un autre communiqué – et certainement pas le dernier- où il est dit que «Tebboune continue de recevoir un traitement dans un hôpital allemand spécialisé après avoir contracté la Covid-19. Le staff médical assure que Monsieur le Président réagit au traitement et que son état de santé s'améliore progressivement conformément au protocole sanitaire».

Aussi, chaque jour qui passe, ça devient de plus en plus compliqué de nier l’évidence ! Entre les communiqués laconiques de la présidence sur son état de santé et un gouvernement Djerrad qui, avec son nouveau tour de vis, prouve qu’il a complètement foiré sa stratégie de lutte contre la pandémie de coronavirus, ça commence à faire beaucoup. Mais irions-nous jusqu’à affirmer qu’il y a vacance du pouvoir ?

Pour certains, il est encore trop tôt pour se prononcer, même s’il est difficile pour eux de nier ce bis repetita. En 2013, lorsque le président déchu Abdelazziz Bouteflika a été victime d’un AVC, on nous a effrontément menti en justifiant l’absence du chef de l’État par «un accident ischémique transitoire sans séquelles», alors que les relais de la Présidence, le ministre des affaires étrangères Mourad Medelci, entre autres, n’ont cessé de marteler cette même phrase qui résonne encore aujourd’hui comme un air d’une vielle musique qu’on a du mal à s’enlever de la tête. «Le président de la République se porte bien, son état de santé s’améliore et il rentrera bientôt au pays». Nous connaissons la suite de cette histoire tragique qui a conduit le pays vers le chaos.

D’autres en revanche, sont catégoriques : «Il est temps d’appliquer l’article 102 de la constitution qui prévoit que ‘’Lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement’’». C’est le cas entre autres, du journaliste Abed Charef, pour qui «la présidence de Tebboune n’est plus crédible, ni viable. Il faut passer à autre chose». «C’est au conseil constitutionnel de déclarer la vacance du pouvoir et d’appliquer l’article 102», appelle le journaliste Abed Charef dans une publication diffusée sur sa page Facebook.

Pour le journaliste : «aujourd'hui, les conditions sont pleinement réunies pour l'application de l'article 102 de la constitution, quitte à rétablir le président Tebboune dans ses fonctions au bout d'un délai de 45 jours, comme cela est prévu par la constitution». Le cas échéant, Tebboune aura à choisir, selon Abed Charef, entre «reprendre ses fonctions présidentielles, en son âme et conscience; ou bien se dire qu'en raison de son état de santé, et du désaveu qu'a représenté le référendum sur la nouvelle constitution, avec seulement 15 % du corps électoral qui l'appui, il est préférable qu'il passe la main».

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