IMG-LOGO
Accueil À la Lutte Vendredi 45 : hommage à Abane, pression sur Tebboune
Publié le : 28 Décembre, 2019 - 11:20 Temps de Lecture 3 minute(s) 584 Vue(s) Commentaire(s)

Vendredi 45 : hommage à Abane, pression sur Tebboune

IMG

Les algériens ont marché pour le 45ème vendredi du Hirak. Un vendredi exceptionnel qui coïncide avec le 62e anniversaire de l’assassinat de Abane Ramdane, architecte avec Larbi Ben M’hidi, du congrès de la Soummam qui a donné un nouveau souffle à la révolution de novembre 54 et l’a dotée de l’organisation nécessaire. Abane a été lâchement assassiné par les hommes de Abdelhafidh Boussouf au Maroc, un certain 27 décembre 1957.

Pour la circonstance, les Algériennes et les Algériens qui sont sortis par des centaines de milliers à travers les quatre coins du pays, lui ont rendu un vibrant hommage, lui qui avait fait de «la primauté du civil sur le militaire» son cheval de bataille. «Dawla madania, machi âaskaria … Galha Abane (Etat civil, non militaire, Abane l’a dit)», a été le slogan phare des marches populaires.

Primauté du civil sur le militaire

À Alger, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira, Oran, Constantine, Bordj Bou Arreridj, Blida, Jijel, Setif, Tlemcen, Tiaret, Annaba et Mostaghanem, pour ne citer que ces wilayas, les photos et posters de Abane Ramdane étaient au rendez-vous. Par cet hommage, le Hirak promet d’honorer le serment des martyrs de la glorieuse révolution et de poursuivre le combat jusqu’à l’instauration de l’État dont ils rêvaient. Celui des droits, des libertés et de la justice sociale.

Ce vendredi 45 est le premier après la prestation de serment du nouveau Président, Abdelmadjid Tebboune, issu d’une présidentielle très contestée et rejetée par le peuple. En sortant dans la rue, les Algériennes et les Algériennes confirment ne reconnaitre «aucune légitimité» à Tebboune, installé «par les généraux». Malgré que le pouvoir ait maintenu ses méthodes répressives, notamment les barrages filtrant sur les accès de la capitale et un dispositif impressionnant sur les principaux boulevards, cela n’a pas empêché les manifestants de maintenir la mobilisation. Pire, dans certaines wilayas comme à Annaba et à Bordj Bou Arreridj, des témoins ont rapporté avoir vécu des scènes de violences.

Un Hirak contre le régime, pas les personnes !

Pour l’occasion, les algériens ont donc scandé de nouveaux slogans qui collent avec le contexte actuel. «Ya L issaba, Tebboune ma yahkemnach (Ô bande, Tebboune ne nous gouverne pas)», «Dégage Madjid Tebboune, Had Echa3b Machi Aggoun (Dégage Tebboune, ce peuple n’est pas muet)» ou encore «Djaboulna Rais Ibi3 El Ghobra (Ils nous ont ramené un président qui deal la coke)», ont crié les manifestants partout en Algérie.

D’ores et déjà, le "Président" fait face au début de son mandat, à une colère populaire et à une sorte de "rébellion" qui ne lui reconnait aucune légitimité. De quoi lui compliquer la tache, lui qui est mis à mal face à l’institution militaire après la mort de son «parrain», Ahmed Gaïd Salah. Il est clair que tous les pronostics du pouvoir qui misent sur l’essoufflement du Hirak n’ont et ne vont pas se confirmer. En continuant à sortir dans la rue, les algériens adressent un message clair au régime en place : «nous sommes sorti contre le système, pas les personnes».

D’ailleurs, les manifestants ont vite oublié Gaïd Salah qui revenait souvent dans les slogans car, de son vivant, il était l’homme fort du moment. Mais, depuis sa mort, l’on a cessé de scander des slogans le concernant. Si cela venait à confirmer quelque chose, c’est le degré de conscience de ces millions d’algériens qui, par respect et humanisme, se sont tus de prononcer la moindre critique contre quelqu’un qui n’est plus de ce monde.

Laissez un commentaire