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Publié le : 25 Mars, 2021 - 10:00 Temps de Lecture 6 minute(s) 620 Vue(s) Commentaire(s)

Vgayet devenue la scène des enjeux politiques nationaux et internationaux

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Avec la reprise du Hirak à Vgayet (Béjaïa), après le passage de la Covid-19, Vgayet se retrouve être au centre des enjeux stratégiques, des tenants du pouvoir et des islamistes du RACHAD.

Le Rachad est-il un corps du Hirak ?

Si le Hirak est non partisan, non structuré, s’il est un soulèvement populaire qui se voulait libre de toutes influences idéologiques, ayant qu’un seul but, le passage à un État démocratique ou seul le peuple est souverain et que l’armée devait s’occuper de la défense du pays, pourquoi nous nous retrouvons, aujourd’hui, avec cette problématique du droit de Rachad dans le Hirak ?

Le Rachad est-il devenu l’avant-garde du Hirak ?

Que connaît-on de Rachad ? À part qu’elle soit une organisation basée en Angleterre, qu’elle est dirigée par les anciens du FIS, ceux qui ont appelé à liquider les démocrates, dans les années 1990 (étant en guerre avec les démocrates, faisant d’eux les ennemis de l’application de la Chariaa et l’islamisme d’État) Dhinna et confrères sont au-devant de la scène de Rachad au niveau international. Cette organisation est en corporation avec l’organisation mondiale des islamistes, les Oulémas, organisation des frères musulmans (considérés comme une organisation terroriste par plusieurs États) en filiation avec des États islamistes. Des organisations qui investissement dans le fondamentalisme religieux islamique, à travers le monde et dans tous les domaines.

On est face à une organisation fantôme, en Algérie et en Kabylie !

Dans le jeu démocratique, les partisans d’une organisation doivent être représentés, avec des porte-paroles bien définis ! Qui sont ces représentants de RACHAD, en Algérie, qu’ils se dévoilent, qu’ils dévoilent leur projet politique, au lieu de se faire passer derrière Larbi Zitout qui se trouve également, en Angleterre, un agent double qui a travaillé au compte de la France et qui se mue en militant politique pour l’Algérie ? Avant qu’on puisse parler de démocratie, de la libre organisation et de la liberté d’expression, il faudrait que les tenants de cette organisation, en Algérie, se montrent au grand jour et développent leurs idées et leurs projets.

Vgayet, est visée par cette force obscure qui astreint les manifestants à véhiculer des slogans préparés dans les labos, qui veulent réhabiliter l’islamisme en Kabylie, cette Kabylie qui n’a justement pas voté FIS en 1992. La Kabylie a voté Kabyle, à travers le FFS et le RCD qui ont su, à travers le MCB, éviter l’infiltration de l’islam politique dans les artères de la Kabylie.

Qui sont les membres de RACHAD, qui agissent en Kabylie, à Vgayet ?

Ils (Les inconnus) sont organisés, se regroupent, influencent, afin de guider les foules dans leurs slogans. Ils ne se dévoilent pas, ils ne prennent pas officiellement la parole au nom du Rachad. C’est à Vgayet, que j’ai fais ma formation politique, en plein action sur le terrain, avec l’ensemble de la société civile. J’ai appris à lire et à comprendre l’autre, à travers d’abord l’appartenance politique, idéologique, évaluer le parcours militant politique, associatif ou autre implication dans la société. On doit d’abord se positionner face à l’autre pour pouvoir collaborer. Contrairement au Rachadistes, les politiques existants sur le terrain, sont clairs, on est soit du FFS, du RCD, UDS, PST, PT, berbériste, ancien du PAGS, on est kabyliste, du MAK, RPK, URK, ou de d’autres partis (pro-pouvoir) FLN, RND, MPA. On est aussi libre de ne pas appartenir à un parti, et même si, la position politique de la personne doit être claire dés le départ. Si non on sait qu’on est en face à un caméléon qui n’a rien de démocratique ; les caméléons sont dangereux car on ne connaît pas leurs projets. Il faut éviter de rentrer en collaboration avec les obscures en politique.

Arrêtons de nous adresser à des fantômes ou à des caméléons qui ne s’assument pas, certains nous chantent ci-jours-ci qu’ils ont le droit d’exister, mais qu’ils sortent de l’obscur d’abord et qu’ils assument leurs positions et leurs projets politiques.

Démocratie rime-t-elle avec islamisme ?

Les islamistes, à travers différentes organisations dans le monde, ont-ils été un jour dans une avancée démocratique, pour qu’on puisse se référer à eux et en déduire une quelconque valeur ajoutée, en Algérie et en Kabylie ? Même les intellectuels des pays arabes ont milité et ont sacrifié leurs vies, en s’opposant au fondamentalisme religieux. Les dirigeants du monde arabe ont voulu encadré le monde arabe dans une pensée simplificatrice religieuse, ou toutes les instances économiques, culturelles, politiques, sociales … sont soumises à l’instance religieuse, une pensée réfractaire à la modernité, aux cultures et aux identités, les fondamentalistes religieux sont les bâtisseurs de l’unicité de la Ouma Islamiya.

La pensée islamiste hégémonique qui a dominé dans le monde arabe, a toutefois été combattue par pensée arabe moderniste qui a été marginalisée et masquée par le monde académique et des médias des pays arabes. Les penseurs du moyen âge ont été évincés et jusqu’à aujourd’hui, les progressistes subissent les affres de l’hégémonie de la pensée fondamentaliste religieuse. Le monde arabe, semble ainsi figé dans une pensée moyenâgeuse, où seul l’islam est hissé comme soubassement de pensée possible. La féministe Égyptienne qui s’est éteinte récemment, Nawal El Saadawi, a lutté, notamment, contre la pensée islamiste hégémonique, elle a tout le temps été menacée par les islamistes.

Les tenants du pouvoir algérien ont investi dans l’islamisme pour contrer l’avancée de la pensée démocratique et berbériste. Certains ont rapidement oublié Kamel Amzal, le premier étudiant universitaire poignardé avec un sabre, en 1982, par la main d’un islamiste alors qu’il était en plein affichage à l’intérieur de l’université de Ben Aknoun, appelant a une assemblée générale des étudiants luttant pour la démocratie.

N’oublions pas comment les islamistes se sont opposés aux étudiants de Tizi Ouzou, ceux de Ben Aknoun, ceux de Constantine, et de tout le mouvement démocratique qui s’est initié au début des années 1980. Le résultat on le connaît tous, avec la guerre civile ouverte en 1992, les démocrates ont été les premiers à payer le prix cher. C’est les démocrates eux-même de cette longue décennie de sang qui abreuvait la terre, qui accusent ces islamistes même. Les militants du RCD, défendant officiellement la laïcité ont été parmi les premiers visés, plus de 130 assassinés par les mains des islamistes.

L’islam politique a bien été l’œuvre de l’État même pour contrer le mouvement démocratique et berbériste, ce Léviathan enfanté par le pouvoir s’est vite retourner contre les tenants même du pouvoir. Aujourd’hui, certains pseudo-démocrates veulent innocenter les islamistes de Rachad en les plaçant en position de victime.

Aucun démocrate n’a tué un islamiste, ni a appelé à lever les armes contre eux. La seule fois ou la Kabylie a menacé les islamistes c’était en 1994, lors du kidnapping de Matoub Lounes. Elle a posé l’ultimatum aux sanguinaires qu’ils allaient être rasés de la Kabylie s’il ne le délivre pas. Ces islamistes ont peut-être oublié cet événement ou ne le savent peut-être pas ! La Kabylie est le bastion des luttes démocratiques mais saurait se défendre s’il y a nécessité.

La question qui se pose, aujourd’hui, comment un Hirakiste de Biskra est venue accompagner les étudiants de Vgayet qui ont initié la double rupture en portant des slogans ni militaire ni islamiste, pourquoi est-il venu crier Rachad terroriste et d’un seul coup surgissent ces membres de Rachad pour l’agresser. Rien n’est du au hasard en politique. Nous avons des acquis en politique, on doit préserver le capital savoir ! Les islamistes sont incompatibles avec la démocratie car leur projet c’est l’islamisation des sociétés, leur projet c’est de porter la Chariaâ au plus haut sommet de l’État, les islamistes portent le djihad armée, dés qu’ils sont en position de force ils agissent.

En tant que démocrate je ne fais jamais confiance aux islamistes, même s’ils mettent un costume et chantent la démocratie. Je sais que s’ils ont le pouvoir, ils vont m’enlever tous mes droits, à commencer par me mettre la burqa, enlever le droit à la parole en public, le droit d’élever ma voix, moi qui ne peut plus me taire, je serai vite assassinée. En tant que démocrate et en tant que femme, j’appelle les démocrates à bien réfléchir à ce lendemain aux cotés des islamistes (de Rachad) qui pourraient se hisser sur la scène politique, pensaient bien au sens de la démocratie, aux libertés politiques, aux libertés des femmes et de vos filles, faites bien attention à ce choix que vous offrez aux islamistes, pour un semblant d’union contre le pouvoir en place !

Je me souviens qu’en 2001, face au génocide de l’État, perpétré en Kabylie, certains par désespoir ont appelé à s’unir avec le FIS et les terroristes. Heureusement, qu’il y a eu des voix sages, ceux des démocrates qui ont vite fait de nous alerter sur le danger d’une alliance avec les islamistes et son impact futur.

Nous avons su combattre le FIS en 1992, nous avons su éviter que les terroristes ne prennent le pouvoir en Kabylie, nous avons su éviter de porter les armes des islamistes, en 2001 …. Il est temps qu’on se réveille face à cette nouvelle couleur des islamistes, revenus cette fois sous le drapeau blanc de la démocratie. N’oublions pas que le seul drapeau des islamistes est le noir ! Les couleurs de la Kabylie ne sauraient être déteinte de noir !

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