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Publié le : 18 Août, 2020 - 18:30 Temps de Lecture 2 minute(s) 561 Vue(s) Commentaire(s)

Walid Kechida… ou quand la satire devient un crime

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Le 27 août prochain, Walid Kechida entamera son quatrième mois d’incarcération à la prison de Sétif, privé de sa famille, uniquement parce qu’il avait porté un œil critique sur le pouvoir…dans des Mémes!

Walid Kechida a été arrêté à la suite d’une vague de répression à l’encontre des activistes et militants à travers tout le pays, quelques mois après l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 et qui a vu l’accession de Abdelmadjid Tebboune à la magistrature suprême. Convoqué par la brigade de lutte contre la cybercriminalité, ce jeune diplômé en génie mécanique de l’université Ferhat Abbas est arbitrairement placé sous mandat de dépôt, deux jours plus tard, soit le 27 avril 2020. Selon ses avocat, il est accusé d’«outrage à corps constitué, d’atteinte au président de la république, à la force publique dans l’exercice de ses fonctions et aux préceptes de la religion».

L’objet du crime : des mèmes (des images virales comiques ou satiriques détournés sur les réseaux sociaux). L’affaire est toujours en instruction. Quant à sa demande de mise en liberté provisoire, elle a été rejetée par la chambre d’accusation de la cour de Setif. «Walid Kechida a été placé sous mandat de dépôt ce lundi 27 avril 2020 tout simplement parce qu’il a un groupe et une page Facebook (Hirak mémes) et il anime avec d’autres personnes cet espace avec de l’humour. Walid est orphelin de père, placé en détention provisoire par le juge d’instruction du tribunal de Sétif, et laisse sa maman malade toute seule en ce mois de Ramadhan et en cette période de pandémie mondiale de coronavirus. Walid, comme d’autres jeunes placés en détention provisoire durant cette période de confinement, n’est pas un criminel et n’a aucun autre pays de rechange», avait écrit le comité national pour la libération des détenus.

Son arrestation a provoqué une vague de colère et d’indignation au sein de l’opinion publique. Une campagne de solidarité sur les réseaux sociaux avait été lancée sous le hashtag : #LeMeme_nest_pas_un_crime, pour dénoncer son incarcération, soutenir sa famille et rappeler que la liberté d’expression n’est pas un crime.

Les messages de solidarité et d’encouragement provenant notamment des militants actifs du Hirak, ne cessent d’inonder quotidiennement la toile. D’autres ont par contre choisi de lui rendre hommage à leur manière rappelant que Walid n’était pas un criminel mais juste un jeune algérien qui nourrissait l’espoir de voir un jour l’Algérie devenir un pays libre et démocratique. «Au début du mouvement, le 22 février 2019, la vie de Walid a changé et son espoir de réaliser ses rêves est devenu plus grand. Il était l’une des figures les plus en vue de Sétif», témoigne Zaki Hannache, militant qui s’occupent beaucoup des dossiers des détenus. Et d’expliquer : «Walid a créé un groupe Facebook appelé "Hirak Memes", à travers lequel il critique l'arrogance et le despotisme du pouvoir en place et les campagnes de répression qu’il menait pour briser la révolution populaire.»

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