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Publié le : 13 Août, 2019 - 18:00 Temps de Lecture 3 minute(s) 1043 Vue(s) Commentaire(s)

Mourad Amiri, ancien fonctionnaire du ministère de l’intérieur

«La nature du pouvoir n’a pas changé après le départ de Bouteflika»
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«Ma suspension du travail après m’avoir poursuivi à deux reprises en justice est une preuve que la nature du pouvoir n’a pas changé après le départ de Bouteflika», dénonce Mourad Amiri, ancien fonctionnaire du ministère de l’intérieur, suspendu de son travail pour son implication dans le mouvement populaire qui revendique depuis le mois de février le changement radical du système. Né en 1975 à Sidi Aïch, dans la wilaya de Béjaia, Mourad a été recruté en novembre 2002 au ministère de l’intérieur où il occupait le poste d’assistant technique spécialisé à la direction générale des transmissions nationales. Père de quatre enfants dont un garçon et trois filles, Mourad a été suspendu officiellement de son travail, le 25 juillet dernier, après une plainte déposée contre lui par le nouveau ministre de l’intérieur, Salah Eddine Dahmoune, qui a remplacé Noureddine Bedoui, nommé Premier ministre lors du dernier remaniement.

Mais avant, Mourad a été d’abord convoqué le 9 mai dernier par la sûreté de la wilaya de Béjaïa, alors qu’il est domicilié à Alger où il réside depuis plusieurs années avec sa famille. «Je me suis déplacé à Béjaïa où j’ai expliqué à la police que je suis résident à Alger et qu’il fallait envoyer ladite convocation à mon adresse résidentielle. C’est ainsi que j’ai reçu une nouvelle, 12 jours plus tard, soit le 21 mai dernier, pour me présenter auprès du service de cybercriminalité qui relève du pôle judicaire de la police de Bab Ezzaour (Banlieue algéroise)», explique-t-il. Mourad Amiri découvre, alors, qu’il est poursuivi par l’actuel ministre de l’intérieur. «Le ministre me reproche l’appel que j’ai lancé à mes collègues au tout début du Hirak sur ma page facebook. Dans cette vidéo que j’ai diffusée sur les réseaux sociaux, j’ai demandé à mes collègues de descendre dans la rue et manifester notre soutien au mouvement populaire qui demande le changement radical du système, ce que nous avons fait et réussi devant la grande poste à Alger», se souvient-il.

La plainte du nouveau ministre a débouché sur un procès judicaire. En effet, Mourad Amiri a été convoqué par le tribunal de Sidi M’hamed (Abane Ramdane) à Alger, le 07 juillet dernier. Défendu par les avocats du Réseau algérien de lutte contre la répression et pour la libération des détenus politiques et d’opinion, Mourad a obtenu un report de son procès pour le 22 septembre prochain. Sauf qu’il reçoit quelques jours plus tard, soit le 15 juillet, une autre convocation émanant de la sûreté de Sidi Aïch à Béjaia. «Il s’agit aussi là d’une plainte déposée chez moi par le même ministre», assure-t-il. Toutes ses affaires sont pendantes.

L’implication de Mourad dans les luttes ne date pas du mouvement de février. Durant la dernière élection de 2014, il a lancé un autre appel à ses collègues du ministère de l’intérieur leur demandant «d'observer la neutralité durant l'élection du 16 avril 2014 et d'éviter de devenir un outil de fraude du comité de soutien comme l'était le gouvernement à l'époque». «Durant cette période, un rapport a été établi sur moi par le ministère sur mon implication dans le mouvement de Barakat», confie-t-il. Mais pas que. En 2017, il a été arrêté pour avoir demandé l'application de l'article 102 de la constitution. «A l'appel du 22 février, c’était naturellement pour moi de participer individuellement à toutes les marches des vendredi, des mardi et celles d'autres corporations professionnelles. D’où l'idée d'adresser un appel à mes collègues du ministère de l'intérieur», affirme-t-il. Mourad Amiri est omniprésent avec sa femme et ses enfants durant les manifestations du vendredi à Alger.

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